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Brèves

Visite du Musée des Jacobins


Le couvent des Jacobins est un joyau de l’art médiéval, conservant une église unique en son genre avec sa double nef terminée par le « palmier ».

Ce dimanche 15 janvier 2017, plus d’une vingtaine d’Arcépiens ont affronté le froid glacial de cette journée pour visiter ce joyau qui est aussi l’un des fleurons des monuments toulousains.

C’est en 1215 à Toulouse, dans la tourmente de la croisade contre les albigeois, que Dominique Guzman, le futur saint Dominique, fonde l’ordre des Frères prêcheurs.

Construit en seulement un siècle, entre 1230 et 1350, le couvent des Jacobins fera l’objet de quelques agrandissements par la suite. Son architecture répond avant tout aux règles de pauvreté et aux missions de prédication édictées par Dominique, le fondateur de l’ordre.

Construite de 1230 à 1234, l’église primitive comprend une nef au nord réservée aux Frères et une nef au sud pour les fidèles venus entendre leurs prédications. Ces deux espaces sont séparés par des piliers et des cloisons. Le plan est proche de celui de l’église du couvent dominicain de la rue Saint Jacques à Paris fondé en 1221. De cette référence architecturale le couvent toulousain appelé désormais « Les Jacobins » tire également son nom.

 De 1275 à 1292, le chœur est surélevé et voûté. Une solution technique inédite est imaginée pour voûter cet espace : une colonne plus large que les autres, couronnée de 22 nervures, impose sa structure définitive à l’église. C’est le fameux « palmier », que Paul Claudel évoquait ainsi en 1951 : « Un pilier unique d’où s’échappe de tous côtés un torrent de nervures, une chevelure de directions, une ascension de palmes, qui ne s’élèvent que pour retomber circulairement, comme succombant au fruit. »

Les reliques du dominicain Thomas d’Aquin (1225-1274), théologien et philosophe sont au couvent des Jacobins depuis le XIVème siècle et conservées sous l’autel majeur. Le reliquaire est un monument en bronze doré, émaux et pierreries, datant du XIXème siècle.

Le clocher octogonal qui s’élève à 45m a été achevé en 1298 et abrite la cloche de l’université, université qui fut la plus vieille de France après la Sorbonne à Paris.

Au début du XIXème siècle s’ouvre une période noire pour le couvent des Jacobins. Transformé en caserne pour les armées napoléoniennes, il a bien failli être détruit. En 1812, pour adapter les lieux aux besoins d’une caserne, des planchers sont créés dans l’église. Une écurie est installée au rez-de-chaussée. Les militaires installent leurs dortoirs à l’étage.

Toutes les parois de l’église sont recouvertes d’un badigeon, les vitraux sont détruits. Le réfectoire devient un manège à chevaux et la chapelle Saint-Antonin une infirmerie à chevaux. Une des galeries du cloître est détruite et remplacée par un auvent qui abrite une forge.

L’armée finit par quitter les bâtiments en 1865. Mais les premiers travaux de restauration n’interviennent qu’en 1905 et s’achèveront en 1974.

On apprend aussi que l’église fut un temps le gymnase du lycée Pierre de Fermat...

Un dernier regard au fameux palmier et nous quittons l’église pour la salle capitulaire de grande dimension, avant d’aborder la chapelle saint Antonin qui se distingue par son décor peint, véritable bande dessinée du XIVème siècle. On y retrouve sur les murs latéraux la légende de saint Antonin. L’une d’elles, notamment, raconte comment Antonin, jeté du haut du Capitole par le roi Théodoric, est sauvé par un ange avant d’être plongé dans une marmite d’huile bouillante par le roi païen Gallacius. Miraculeusement, il y reste sans mal pendant deux jours, ce qui suscite la dévotion du peuple. Plus extraordinaire encore...On raconte qu’il fut décapité et sa dépouille jetée dans l’Ariège. Deux anges recueillent les précieux restes du martyr et les placent dans une barque qui vogue vers la Garonne, remonte à contre courant le Tarn puis l’Aveyron et accoste au cœur de ce Noble Val ou sera construite une abbaye, l’abbaye de Saint Antonin Noble Val.

Enfin nous arrivons au réfectoire.

Achevé en 1303, il est l’un des plus vastes réfectoires monastiques de l’époque médiévale. Il accueillit au XIVème siècle un banquet offert par Gaston Phébus au roi Charles VI.

Le réfectoire est une vaste salle de 55 mètres de long, 12 mètres de large et 15 mètres de haut. Les sept travées sont éclairées par des fenêtres étroites. On remarque surtout de magnifiques arcades dites diaphragmatiques... que l’on avait pu aussi admirer dans l’orangerie du château de Bonrepos-Riquet.....

Nous terminons notre visite par le cloitre. Construit entre 1307 et 1310 il fut détruit par l’armée napoléonienne. Il fut reconstruit lors de la phase de restauration de l’édifice grâce à des chapiteaux et des bases de colonnes découverts dans le parc du lycée Bellevue ou encore au château de Maurens Scopont et de Castelfranc dans le Tarn, ainsi qu’avec quelques éléments provenant de Fourquevaux et du musée des Augustins.

Un grand merci à notre guide qui a su nous captiver grâce à une érudition sans faille, que ce soit dans l’histoire de l’édifice ou de la vie de saint Dominique ou encore des préceptes philosophiques de saint Thomas d’Aquin.

Colette Riera

Photographies J.P. Travel

 

 


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