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ARCEP

 
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Galette de l’ARCEP
Jeudi 11 janvier 2018 20:00-22:00
Visite de l’usine du Bazacle, Toulouse
Dimanche 21 janvier 2018 14:00-17:00
Fête des Lanternes à Gaillac
Mardi 23 janvier 2018 17:00-22:00
Visite du musée Georges Labit à Toulouse
Dimanche 11 février 2018 14:00-17:30
Sortie autour d’Ambialet (Tarn)
Dimanche 25 mars 2018 08:30-17:30
Brèves

Cartes postales de Corrèze


Nous, les Arcépiens, nous avons de la chance ! Nous avons parmi nous un Corrézien, un vrai, de souche, passionné de sa région qu’il a tenu à nous faire découvrir le temps d’un week-end de quatre jours. Lui, c’est Bernard Munier, qui nous a concocté un programme dont nous garderons longtemps le souvenir.

Organisation du co-voiturage au Château de Roquettes, et départ vers notre première étape MARTEL (Lot). Pendant deux heures, autoroute, puis petites routes sinueuses et ombragées nous conduisent à la Halle au centre du village, là où nous devons nous installer pour pique-niquer. Bien qu’affamés nous prenons le temps d’admirer cette construction du XVIII siècle, dont la charpente en châtaignier est remarquable. Trois mesures à grain appelées « conques » qui ont subi les affres du temps, restées « dans leur jus » ce qui en fait le charme, en sont l’unique décor.

Après notre frugal repas, Martel, la ville aux 7 Tours, nous accueille. Nous avons auparavant fait connaissance avec Isabelle notre guide avenante. Nous apprécions tous le fait qu’elle nous accompagnera pendant 3 journées, ce qui apportera une belle continuité dans notre découverte de la région. 

Cité médiévale, en plein cœur du Causse, fondée au XIème siècle par les Vicomtes de Turenne, elle restera la capitale du Quercy pendant plus de cinq siècles, sous l’appellation de Vicomté de Turenne.

Le Palais de la Raymondie se compose de quatre ailes disposées autour d’une vaste cour où l’on accède par un porche transformé en beffroi. 

L’Eglise Saint-Maur, ses chaudes boiseries, son chevet éclairé par une très belle verrière, œuvre d’un célèbre atelier de verrerie de la région, représentant la semaine sainte en 12 tableaux, enfilade d’arcades, fenêtres à meneaux, cette construction gothique méridionale dédiée à un disciple de Saint-Benoît avait la vocation de forteresse avec son clocher-porche véritable tour de défense.

En déambulant dans les rues, nous admirons quelques hôtels particuliers, des maisons de caractère, certaines à pans de bois, côtoyant de modestes échoppes médiévales.

Notre « coach » nous a accordé quelques heures de temps libre, notre petit groupe en profite pour visiter le village de Meyssac dont les maisons aux couleurs chaudes du grès , bâties autour de l’église, nous donnent un avant-goût de Collonges-la-Rouge.

Nous voilà au Lieudit les Vignottes où nous devons séjourner. Un VVF des plus confortables dans un écrin de verdure, dont les maisons ont été refaites à neuf. La Responsable des lieux tient à nous accueillir autour d’un apéritif. Nous restons assis sur des gradins pendant un discours un peu prolongé de la « dame », mais l’accueil est chaleureux. Après avoir pris possession de nos appartements, nous partageons un bon repas. Puis le groupe s’éclatera, dans tous les sens du terme, certains en participant à un Karaoké, d’autres plus discrètement à des parties acharnées de rumikub.

Le lendemain matin tout le monde semble frais et dispos. La nuit a été réparatrice. En route pour TURENNE. !

La porte de Mauriolles permet l’accès à travers les fortifications de la ville, fief des Comtés de Turenne, planté en haut d’un promontoire de roches. Les maisons de pierre sont belles. Sur les toits, l’ardoise, plus légère et moins onéreuse, a remplacé au fil du temps la lauze dont on peut apercevoir ici et là quelques vestiges. La Tour du Calvaire, la Collégiale de Notre Dame, et son retable très décoratif, sont autant de lieux prestigieux.

En visiteurs libres, nous nous rendons vers le château, en partie privé. Nous traversons les jardins fleuris à la Française, très bien entretenus, où l’art topiaire semble être roi...les buis ont échappé apparemment à la terrible maladie. La Tour César surplombe le village. Un escalier en vis d’une soixantaine de marches, très étroit, permet d’accéder au sommet. Mais l’ascension en vaut la peine. Une vue exceptionnelle s’offre à nous qui s’étend jusqu’aux Monts d’Auvergne, et au sud jusqu’au Midi Toulousain. C’est d’ici également que l’on peut mieux apercevoir les belles toitures du village, avec les toits coniques au sommet des petites tours.

Après la pause pique-nique sous la halle de COLLONGES-LA-ROUGE, nous partons à la découverte de cette cité surnommée la Cité aux 25 tours. Il nous semble être dans un autre monde, dans un décor de théâtre, tant la couleur des constructions est atypique. Erigé sur la faille géologique de Meyssac, ce village doit son nom à la couleur rouge des pierres de construction, et à 2% d’oxyde de fer dans sa composition.

Y déambuler nous offre quelques surprises. Voici une bien jolie sirène sculptée sur la porte d’une maison. Dans une main elle tient un miroir, et de l’autre un peigne, il paraît qu’elle séduit les hommes et les perd. Les nôtres, les Arcépiens, sont toujours là Dieu merci !!

Nous admirons l’Eglise Saint-Pierre du XIIème siècle, avec son clocher à gables (clochers passant d’une base carrée à un sommet octogonal au moyen de pignons aigus appelés gables), le tympan du portail, en calcaire blanc, se détache au cœur de la ville rouge. La particularité de cette église est d’être partagée, une moitié de style roman allouée au culte protestant et l’autre moitié de style gothique allouée au culte catholique. Bel exemple d’œcuménisme !!

L’acteur Maurice Biraud, amoureux de Collonges, s’est investi totalement dans tous les projets de sauvegarde du village en mettant sa notoriété au service des « Amis de Collonges ». C’est aussi dans cette région que fut tourné le joli film « Le Bal des Célibataires », avec Cristiana Reali.

Nous continuons notre périple avec le même enthousiasme vers CUREMONTE à une vingtaine de kilomètres de là, toujours par ces petites routes de campagne tortueuses.

Le village est austère. Les toits ont ici aussi les couleurs de l’ardoise, mais les maisons sont maintenant ocrées ou presque blanches quand il s’agit de constructions plus récentes. On notera que dans tous ces villages les maisons des notables, très cossues, sont au plus haut, près de l’église, et plus on descend, plus on est pauvre. Nous passons auprès du modeste atelier à ciel ouvert du maréchal ferrant. Curieusement, ici tout semble marcher par trois, 3 églises, 3 superbes châteaux privés, 3 fontaines et 3 calvaires. Dans l’église romane au joli « clocher mur », 3 retables dont l’un en bois peint remarquable. Ouf, aucun n’est à deux faces, spécificité de l’Église Saint-Bruno de Roquettes…

Le ciel est devenu un peu plus sombre, il nous faut maintenant rejoindre nos pénates. Auparavant nous faisons halte à nouveau à Collonges-la-Rouge, au restaurant Les Pierres Rouges, où nous apprécions la célèbre « salade de poux ».

S’il n’y avait qu’un instant magique à retenir de ces quatre jours particulièrement riches, ce serait notre visite du Monastère d’AUBAZINE (ou Obazine). Ce Monastère semble la pièce maîtresse du village aux ruelles escarpées qui compte moins de 1000 habitants.

Nous devions être reçus par Soeur Cristophora, la supérieure, mais nous l’apercevons au loin, très occupée à bêcher le jardin. Elle nous salue de la main et c’est « Abouda » qui se présente à nous pour nous faire dans un premier temps l’historique des lieux. Pendant un long moment il nous conte l’étrange destinée de cette abbaye cistercienne dont l’histoire s’entremêle depuis un demi-siècle avec celle de l’Eglise d’Orient. Pour éviter que les bâtiments inoccupés depuis longtemps ne tombent dans le domaine public, l’Evêque de Tulle cherchait des religieux. Trois sœurs de la congrégation de Cristophora, prises dans la tourmente du conflit israëlo-arable, se voyaient obligées de quitter Nazareth. Elles furent accueillies ici et c’est ainsi qu’une américaine devint la supérieure du monastère devenu lui grec-melkite-catholique de la Théophanie, communauté de tradition byzantine unie à Rome.

Abouda (ou Père en libanais) est lui aussi de « là-bas », il s’est présenté devant nous vêtu de la robe de bure, coiffé d’un « tarbouche » sombre, sa longue chevelure retenue par un catogan. Il fut professeur de Théologie, et l’écouter est un réel bonheur. Il nous dit être passionné de ce lieu, dépouillé de toutes fioritures, qui actuellement fonctionne au ralenti. Classé Monument Historique, devenu propriété du Patriarcat melkite d’Antioche, il doit être remis aux normes pour continuer à exister. Faute de mécènes cela sera impossible.

Sur ses pas nous parcourons les grandes salles de cette Abbaye Cistercienne fondée par Etienne d’Obazine. Notre guide en connaît tous les recoins, chaque pierre, chaque lumière. Il nous facilite la lecture des signes dessinés au sol ou sur les murs. La cheminée de l’ancienne cuisine est imposante. Visite du cloître avec la fontaine monolithique, du scriptorium et de la salle capitulaire, puis le vivier où arrive le Canal des Moines. Coco Chanel enfant a été pensionnaire ici. Elle se serait inspirée des deux arcs entrelacés des vitraux de l’abbaye pour la création de son célèbre logo. Les motifs des tapis de laine l’auraient aussi inspirée pour la création de certains tissus.

Pique-nique sur place dans les jardins. Abouda nous accompagnera le temps de l’apéritif avant de s’éclipser discrètement.

Une balade de deux heures le long du Canal des Moines, sur ce beau chemin heureusement plat, épousant les contours du versant rocheux de la vallée, facilitera la digestion.

Pour clore cette journée, nous serons accueillis à La Ferme de Berle, dans un cadre pittoresque et authentique. Nous y dégusterons les produits de la ferme, cuisinés on ne peut plus « maison », devant nous dans le four mural de la salle du restaurant !

Le lendemain, c’est dimanche, dernier jour de notre périple. Nous récupérons nos bagages et rendons les clés. 

Nous nous dirigeons vers Donzenac, 35 kms de petites routes qui donnent le tournis, pour arriver au site « Les Pans de Travassac ». Site unique en Europe d’ardoisières verticales, d’où leur nom. Il y a des à-pic au-delà de 100m. Après avoir eu l’historique du lieu, Jean-Jacques, ardoisier, va nous expliquer avec force détails les techniques de son métier, un véritable voyage dans la tradition.

Même si le métier est devenu moins pénible avec la mécanisation et l’électrification, l’extraction se fait plus en profondeur et les blocs de schistes sont détachés à l’explosif et débités au marteau-piqueur. Mais le travail du fendeur et du tailleur est resté ancestral. La fragilité du matériau nécessite un travail à la main, avec les outils, masse et burin, qui n’ont pas changé. Avec passion l’ardoisier va devoir les utiliser avec marteau et ciseaux, pour tirer d’un bloc de schiste des feuilles ou ardoises et en dessiner les contours, de forme carrée ou ronde selon leur destination, en forme d’ogive pour les toitures des montagnes.

Les ardoisières de Donzenac, petite entreprise familiale, peuvent s’enorgueillir d’être les fournisseurs des ardoises recouvrant de nombreux monuments de France, dont le principal est le Mont-Saint-Michel.

L’ardoise est encore plus belle quand il pleut, mais ne soyons pas maso, nous avons apprécié que le ciel soit particulièrement clément pendant nos quatre jours, malgré le mauvais temps annoncé.

Ultime repas à Cublac, au Vieux Cantou. Nous y trouvons tout ce qui peut faire que cet endroit n’est pas comme les autres. Cadre feutré, présentation de la table raffinée et cuisine gastronomique “maison”. Comment s’en étonner quand on sait que le jeune couple de propriétaires a été à bonne école plusieurs années dans un palace.

Tout a une fin, les Arcépiens en sont conscients, mais notre coach a décidé de terminer notre périple dans la ZENITUDE !! Quelle bonne idée.

Et ce sont les Jardins de l’Imaginaire à Terrasson-Lavilledieu, site unique en France, créés à l’initiative d’un maire qui ne voulait pas que sa commune tombe dans l’oubli. Au cœur de la ville, dominant la Vezère nous sont offerts un ensemble de jardins à thèmes qui font référence aux éléments naturels, l’eau, la terre, le vent, aux bruits, aux odeurs, aux jeux des perspectives aussi. Chacun de nous peut alors s’évader au gré de son propre imaginaire ….

Merci à Bernard et Chantal Munier qui ont su nous offrir de si jolis instants... Chantal toujours accompagnée de son smartphone dont une mystérieuse application a pu nous révéler que nous avions fait 42.000 pas dans le week-end, et l’on sait que la culture du corps et de l’esprit sont les adages de l’ARCEP.....

Annick Hamelain

Et pour plus d’illustrations, voir le diaporama joint.

 

 


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Documents joints


Cartes Postales de Corrèze
PDF - 2.2 Mo
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