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ARCEP

 
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Galette de l’ARCEP
Jeudi 11 janvier 2018 20:00-22:00
Visite de l’usine du Bazacle, Toulouse
Dimanche 21 janvier 2018 14:00-17:00
Fête des Lanternes à Gaillac
Mardi 23 janvier 2018 17:00-22:00
Visite du musée Georges Labit à Toulouse
Dimanche 11 février 2018 14:00-17:30
Sortie autour d’Ambialet (Tarn)
Dimanche 25 mars 2018 08:30-17:30
Brèves

Entre Hérault et Tarn


Comme le veut la tradition, c’est au Château de Roquettes que les Arcépiens se sont retrouvés ce samedi 6 juin dès 8h du matin, pour une escapade de deux jours vers les contreforts du Massif Central.

Le voyage fut un peu long, mais quel bonheur de parcourir ces routes sinueuses de campagne, au milieu d’une nature verdoyante. Le ciel, quelque peu capricieux, oscillait entre nuages menaçants et éclaircies.

Avant d’arriver à notre destination finale, une halte à la Chapelle Saint-Etienne de Cavall fut incontournable. Nous fîmes ici connaissance avec notre guide. Malheureusement, nous ne pûmes admirer que l’extérieur de cette très belle chapelle de style roman, située au confluent de la Vèbre et de l’Agoût. Nous serons ainsi privés de la vision de la « Vierge Noire », sculptée dans une pierre granitique sombre, trouvée par un laboureur travaillant son champ à proximité. Autour de la chapelle se trouvent tous les éléments d’une « sauveté » qui a d’ailleurs donné son nom occitan au village actuel de La Salvetat-sur-Agout. Une « sauveté » était un périmètre de protection autour d’une église, où toute personne poursuivie était protégée par le droit d’asile et avait la vie sauve. Nous apercevons le Pont de St-Etienne sur la Vèbre.

Quelques kilomètres plus haut nous atteignons le village de La Salvetat sur Agout, perché sur un éperon. Le petit déjeûner très matinal ayant aiguisé les appétits, le pain stylisé du boulanger, à l’entrée du village, fut particulièrement apprécié par certain(e)s Arcépien(ne)s.

Pour pénétrer dans le village nous empruntons le Portail Vieux au sein des remparts, autrefois unique accès pour les hommes et le bétail . Beaucoup plus tard, au XVI siècle, d’autres portes seront ouvertes, dont la Poterne. En déambulant dans les venelles, ici et là on découvre des vestiges du passé, des fenêtres à meneaux, la Tour du Cazal, puis une petite place où trône l’ancienne tour du donjon.Quelques belles portes aussi…

Nous pénétrons dans l’église du village qui a conservé le nom de St-Etienne, et où une copie de la Vierge Noire dont nous n’avions pu voir l’original est exposée. La tradition veut que chaque année elle soit honorée par les villageois, la remerciant ainsi d’avoir éradiqué l’épouvantable épidémie de choléra qui a sévi dans la région quelques siècles auparavant.

Le ciel gris accentue le côté sombre des habitations aux toits d’ardoises. Certains pans de murs sont recouverts de lauzes, isolation de l’époque contre des hivers trop rigoureux.

C’est en 1958 qu’une partie de la vallée fut recouverte par quelques cinquante millions de mètres cubes d’eau, sur une longueur de onze kilomètres, donnant naissance au Lac de la Raviège et transformant irrémédiablement les paysages environnants. C’est au bord de ce lac que nous avons fait notre halte pique-nique avant de nous diriger vers Lacaune.

Bien sûr Lacaune évoque le jambon, la saucisse et le boudin, et la visite d’une usine de salaisons était incontournable. 

Oui, nous les avons eus là, sous les yeux, défilant par centaines, ces superbes jambons, et qu’ils soient frais, secs, cuits, tranchés ou pas, leur séchage et leur transformation n’ont plus aucun secret pour nous. N’oublions pas que nous sommes ici sur l’historique « route du sel », qui a permis de développer un savoir faire ancestral transmis de générations en générations.

En repartant nous traversons le musée. De très nombreuses machines d’une autre époque, des outils utilisés par les anciens, des petits cochons tous roses en plastique (!) clin d’œil à l’élevage porcin de la région. Aujourd’hui nous avons rencontré la troisième génération de la famille Oberti que nous quittons après la rituelle dégustation.

Tout ceci avait mis nos papilles en alerte, et c’est avec enthousiasme que nous avons investi le camping des « Sources Chaudes » où, plus tard dans la soirée, un buffet bien garni en self-service, sous un chapiteau dressé pour nous accueillir, vint clôturer cette journée bien remplie. Enfin pas clôturée pour tout le monde puisqu’il paraîtrait que certain(e)s Arcépien(ne)s, attirés par l’appât du gain, se soient rué(e)s sur les machines à sous du casino de Lacaune, ville thermale rappelons-le. Mais « chut », nous n’en dirons pas plus.

Chalets de belle qualité, à 800 mètres d’altitude, dans un cadre de verdure, tout le monde semble avoir bien dormi et récupéré des efforts de la veille.

Le dimanche est ensoleillé. Nos organisateurs nous ont laissé le choix entre la Balade des Cabanes pour les marcheurs aguerris, ou la visite des Mégalithes pour les amoureux des pierres.

Colette, notre Présidente, a trouvé des mots poétiques pour cette balade dans un cadre bucolique, fait de forêts et de prairies, où nos randonneurs ont gravi l’un des sept monts de Lacaune. « La découverte d’une croix de carrefour sur son socle de granit, le chant des ruisseaux qui couraient sur les sentiers, la digitale pourpre des forêts, les vaches alanguies sous le soleil, le petit âne, tout contribuait à une grande sérénité, à une sensation d’apaisement. »  

Beaucoup plus austère, mais très intéressante, la visite du second groupe au Musée des Mégalithes. Nous y découvrons les statues menhirs, ces déesses et guerriers du néolithique, érigées par nos ancêtres les homo-sapiens il y a plus de 3500 ans. Le temps a fait son travail d’érosion et Charlotte, notre charmante guide, nous fera la lecture « supposée » de ces pierres où l’on reconnaît l’homme à l’outil qu’il porte, et la femme à ses attraits féminins. 

Pas moins de 150 statues-menhirs ont été retrouvées en France, 50 dans les Monts de Lacaune, d’autres dans l’Est de la France, en Corse ou en Italie. Mystérieuse fabrication et énigmatique présence en ces lieux. Certains propriétaires n’hésitent pas à mettre à disposition des touristes celles qu’ils trouvent par hasard, enfouies dans leurs champs, d’autres les gardent jalousement.

Après quelques emplettes, c’est jour de marché à Lacaune, tout le monde se retrouve au Restaurant « Calas ». Henri et Colette Riera, qui sont ici dans le « fief » de leur enfance nous ont organisé ces deux superbes journées. Nous les en remercions chaleureusement. Choix judicieux que celui de ce restaurant où nous avons dégusté, après le traditionnel kir (! !) un nougat de jambon de Lacaune aux petits légumes croquants (hum !) et un sauté de poule, tout aussi délicieux, dessert et café venant clôturer le tout.

Quelques idées de sieste réparatrice ont dû quelque part en titiller certains après un tel repas, mais elles n’ont pas fait long feu. Nous avons repris notre rythme d’Arcépiens pour visiter la plus ancienne filature de Lacaune. Quel bonheur d’être guidés par un très jeune homme heureux de nous faire partager sa passion pour le travail de ses ancêtres.

Nous y découvrons les techniques de filage à l’ancienne, le travail de la laine arrivée brute qui petit à petit s’affine et devient fil grâce au travail de cardes et de métiers à filer d’un autre temps. Le jeune homme, qui refait les gestes du passé, s’excuserait presque de voir quelques machines devenues un peu réfractaires au travail. Il faut dire que c’est en 1779 que ces métiers à filer appelés Mule Jenny ont été inventés par Samuel Crompton, et ceux que nous avons ici sous les yeux ont 150 d’âge. En quittant les lieux on reste nostalgique devant la disparition de tous ces métiers d’antan au nom du modernisme et d’une certaine « rentabilité ».

Nous allons nous y plonger à nouveau dans ce passé en parcourant les nombreuses pièces de la Maison du Consul devenue Musée d’art et traditions populaires. Pas moins de quatorze salles, où l’on découvre habits, coiffes et lingeries de nos grand-mères. Une cuisine ancienne …. la souillarde avec tous ses ustensiles aujourd’hui désuets....puis une salle de classe, la plupart d’entre-nous y retrouvent leur enfance, et bien d’autres vestiges d’un autre temps.

On fait la connaissance de « l’enfant-sauvage ». L’histoire de ce jeune garçon retrouvé au cœur des bois Aveyronnais, nous fut souvent contée, histoire vraie dont Truffaut plus tard fera un film.

En quittant les lieux nous passons devant la fontaine des Pisseurs : voilà près de 500 ans qu’ils sont là, rendant un vibrant hommage aux qualités diurétiques de l’eau de Lacaune. 

Ne nous attardons pas, il est temps de rentrer au bercail.

 

Annick Hamelain
Photographies JLA, JPT


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