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ARCEP

 
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Galette de l’ARCEP
Jeudi 11 janvier 2018 20:00-22:00
Visite de l’usine du Bazacle, Toulouse
Dimanche 21 janvier 2018 14:00-17:00
Fête des Lanternes à Gaillac
Mardi 23 janvier 2018 17:00-22:00
Visite du musée Georges Labit à Toulouse
Dimanche 11 février 2018 14:00-17:30
Sortie autour d’Ambialet (Tarn)
Dimanche 25 mars 2018 08:30-17:30
Brèves

Les moulins


Lorsqu’on arrive à Roquettes depuis la route de Pinsaguel, le regard du visiteur est attiré sur sa droite par une construction d’aspect sombre et qui laisse supposer quelques friches industrielles. Par curiosité, juste après son entrée dans l’agglomération, le promeneur prend sur sa droite un chemin qui mène en ligne droite aux pieds des sinistres tours. Mais sait-il qu’il se trouve en un lieu chargé d’histoire ? Ces imposants vestiges sont ce qui était communément appelé " Les grands Moulins de Roquettes." Que savons nous du site ?


Certainement y avait-il déjà au XIV eme siècle une activité liée à la "molinologue" ( voir texte de Ulmières.) comme le laisse supposer la construction de la voûte en plein cintre qui relie des rives du canal. En 1552, noble Gehan de Ulmières, seigneur de Roquettes possède 130 hectares ( 80 ha labourables, 26 ha en bois, 14 ha incultes, 6 ha en prés et 4 ha en vignes). La primauté céréalière est marquée et Ulmières, outre une "teulière" (tuilerie, briqueterie) est propriétaire d’un " moulin à blé à deux roues ". Il existe aussi un " moulin à pastel ".
La culture du pastel qui fait la fortune de Toulouse à la Renaissance s’est étendue jusqu’à Roquettes. Son seigneur n’en dédaigne pas les bénéfices qu’on peut en escompter. Les deux moulins évoqués peuvent sans aucun doute être considérés comme faisant partie d’un seul et même établissement, situé sur l’emplacement actuel.


En 1734, le moulin devient la propriété de la communauté des Chartreux, coseigneurs de Roquettes( mais déjà présents dès le début du XVIII eme siècle). Les 24 religieux de Toulouse possèdent entre autre : les métairies de Mailles, Borde Grosse, Le Saret, un moulin à nef à Saubens, des terres à Mondouzil, Poulel, Mons, Auterive, ...
A la veille de la révolution, l’utilisation du fleuve à des fins énergétiques est une réalité omniprésente. Le chaos révolutionnaire voit la vente de nombreux biens publics et privés, dont ceux touchés par la constitution civile du clergé. Les moulins vendus comme bien National, les frères Guilhem en sont propriétaires déjà en 1806. Ce sont eux qui, en 1819, font construire un barrage, en prévision des basses eaux, afin de procurer l’eau nécessaire à la métairie du moulin ( maille).Il s’agit de la construction en brique intégrée dans le canal, en amont, située à la sortie de l’agglomération vers Saubens. Vers 1858, monsieur Monna (ou Moura) achète l’édifice pour le céder en 1865 à Loise Marestaing épouse de Jacques Marestaing, banquier à Paris. Après être passé entre les mains de la bourgeoisie, large bénéficiaire des événements de 1789, le moulin revient le 4 juin 1864 en possession d’un membre de l’ancienne élite, monsieur Vidal de Lauzun, qui le cèdera en 1889 à la famille Darolles père et fils.


D’après un plan datant du début du XIX eme siècle, le moulin se présente comme une grosse tour carrée enjambant le canal, et flanquée de 3 tourelles dont l’une au sud-est semble plus massive et plus haute. Des bâtiments annexes se prolongent au sud en bordure du canal. Cette configuration est avérée par un dessin du XIX eme siècle où l’on peut voir une toiture à double pente avec deux pignons à l’est et l’ouest sur un édifice à 2 étages.
 

En 1932, le moulin sera électrifié reléguant la digue en bois au rang des vestiges du passé. Certains roquettois se souviennent du temps où cette digue devait être entretenue tous les ans. On peut en voir quelques restes en période d’étiage en amont du canal. Concernant le canal en lui même, un document administratif daté de 1860 signale les clauses d’entretien de ce bras d’eau ( long de près de 4 km de Saubens à Pinsaguel), en attribue la construction aux Chartreux. La tradition orale s’en fait toujours l’écho. L’exploitation du canal semble de tout temps avoir été assez complexe, comme le prouve pour le XIX eme siècle, le nombre élevé de documents ministériels et préfectoraux. Depuis l’empire, toute décision concernant le canal et le ramier transite par le préfet et le sous-préfet, et seule l’administration est habilitée à régler les multiples problèmes.


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